Une conception libérale et moderne du mariage et de la famille

Chère Jessica,

Je me réjouis que nous ayons pu tomber d’accord sur l’imposition individuelle des couples et des familles.

Je constate également que nous partageons la même préoccupation concernant le maintien des jeunes mères sur le marché du travail suite à la naissance d’un enfant. Dans ton billet du 8 septembre dernier, tu m’écris à cet égard que la Confédération serait bien avisée de mener “une politique d’investissement majeure (…) dans l’accueil de jour des enfants”..

Récemment, le canton de Genève et la Confédération ont décidé – sur l’initiative du PLR – d’augmenter à 25’000 francs par année le plafond du montant déductible des impôts pour les frais de garde.

En réaction à ce soutien financier indirect en faveur des familles, la Ville de Genève, dont l’organe exécutif est composé d’une majorité de gauche et d’extrême-gauche, a décidé d’augmenter les tarifs de ses crèches. Oui, tu m’as bien lu.

Augmenter ainsi les tarifs des crèches, c’est non seulement tondre encore plus la classe moyenne, mais c’est également compliquer la conciliation de la vie privée et familiale avec les obligations professionnelles, tout en créant des barrières supplémentaires au maintien des jeunes mères sur le marché du travail.

La Présidente du Parti socialiste vaudois que tu es cautionnerait-elle une telle politique ?

Venons-en à présent aux autres thèmes que tu abordes dans ton dernier billet.

C’est avec plaisir que j’ai moi aussi pris connaissance des résultats de la procédure de consultation de la Commission des affaires juridiques du Conseil national concernant le mariage civil pour tous.

Comme toi, je fais partie de celles et ceux qui considèrent que chacun doit pouvoir organiser sa vie de couple et mener à bien ses projets familiaux sans que l’Etat ne vienne s’en mêler.

Tout comme l’amour au sein d’un couple, la capacité à aimer et à élever un enfant n’a rien à voir avec l’orientation sexuelle. C’est pourquoi je considère que les couples de même sexe doivent avoir les mêmes droits et les mêmes devoirs que les couples hétérosexuels.

À propos de la procréation médicalement assistée, permets-moi, au nom de la liberté, de me montrer encore plus critique que toi sous l’angle de l’égalité.

Actuellement, la loi fédérale sur la procréation médicalement assistée est doublement discriminatoire et rétrograde : d’une part, elle réserve les dons de sperme aux seuls couples mariés (article 3, alinéa 3), d’autre part, elle interdit tout don d’ovules (article 4).

Autrement dit, les couples non mariés ne peuvent en aucun cas bénéficier d’un don de sperme, alors qu’ils pourraient en avoir tout autant besoin qu’un couple marié, et le don d’ovules est proscrit pour l’ensemble des couples, qu’ils soient mariés ou non.

Certes, comme l’exige l’article 119 de la Constitution fédérale, l’être humain doit être protégé contre les abus en matière de procréation médicalement assistée et de génie génétique.

Toutefois, en raison d’une législation aussi restrictive en comparaison avec d’autres Etats européens, de nombreux couples suisses en sont aujourd’hui réduits à devoir recourir à la procréation médicalement assistée à l’étranger, alors que nous avons en Suisse le savoir-faire et les compétences pour offrir les prestations dont ces couples ont besoin.

Il n’y a rien de plus humain que de vouloir fonder une famille. Est-ce vraiment le rôle de l’Etat que de mettre des bâtons dans les roues aux couples qui, pour toutes sortes de raisons, ne peuvent pas avoir d’enfants par la seule voie naturelle ?

On en reparle volontiers autour d’un café !

Cet article a été publié sur le Blog du Temps de Jessica Jaccoud et Murat Julian Alder « On en reparle autour d’un café ? », le 13 septembre 2019

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